Je n’étais pas destinée du tout à un métier bancaire, j’ai fait des études d’ingénieur agronome, donc j’étais plutôt biologiste, scientifique à la base et je suis partie fortuitement mais aussi parce que c’était l’air du temps au début des années 80, enfin au milieu des années 80 quand je suis rentrée dans la vie professionnelle, vers les métiers de l’informatique.
Je crois que quelle que soit la carrière qu’on embrasse, au bout de quelques années on regarde ailleurs. Et ce sont les banques qui ont répondu en premier. Voilà, il se trouve que j’ai eu deux entretiens très rapidement avec deux banques et que je me suis laissé séduire.
Et j’ai très mal dormi les semaines qui ont suivi, je me suis dis mais dans quoi tu te lances ?!
Qu’est-ce que tu vas faire dans cette galère, tu ne connais pas ce monde-là ! Et je me suis dit, bon, je vais me mettre au garde à vous, c’est probablement comme de rentrer dans l’armée, je vais rentrer dans un monde où on va m’imposer : voilà le parcours, voilà le parcours de formation, vous passez 6 mois en agence... enfin je m’attendais à rentrer dans un monde très rigide, très codifié, où j’aurais une toute petite place et où je me ferais la plus petite possible, et où, voilà, j’essaierais de faire une place et de me faire respecter, et d’être utile, mais je pensais vraiment rentrer dans un cadre très formel.
Et j’ai découvert vraiment, mais très très rapidement, que ce n’était pas du tout comme ça que ça fonctionnait, et qu’il y avait, on va parler d’une marge d’autonomie, en tout cas un degré de liberté, au moins dans l’organisation du travail. Qu’on vous confiait très rapidement des responsabilités de management en tout cas. Ce que je n’avais pas connu par exemple dans le monde agricole.
Dans le monde agricole, je pense qu’il fallait encore 15 ans avant qu’on puisse dire celle-là on peut lui confier quelque chose. Alors que vraiment, immédiatement, on va parler de choses concrètes, j’ai eu un budget, j’ai eu une équipe, dans l’année qui a suivi.
Voilà, j’ai été responsable d’une partie du budget, j’ai été un interlocuteur désigné.
Il y a un encouragement à cette créativité, bon avec des comptes à rendre, avec des contrôles budgétaires, avec des contrôles d’efficacité, enfin il y a évidemment des contreparties à ça. Mais en même temps, il y a une grande place qui est faite à l’initiative et on peut faire bouger les lignes. C’est une entreprise dans laquelle on peut vraiment faire bouger les lignes.
Le stéréotype du banquier que l’on représente dans les caricatures, avec le cigare, je n’en ai pas beaucoup vu, j’en ai vu, mais je n’en ai pas beaucoup vu non plus.
Et on rencontre aussi des gens très différents, que ce soit en interne ou à l’extérieur, parce que c’est quand même une entreprise ouverte.
